Rue Ambroise Paré

 

Ambroise Paré

 

Ambroise Paré, né vers 1510 au Bourg-Hersent, près de Laval et mort le 20 décembre 1590 à Paris, fut un chirurgien et anatomiste français.

Ambroise Paré est le chirurgien des champs de bataille, le père de la chirurgie moderne. Il est l’inventeur de nombreux instruments. La généralisation relativement récente de l’usage des armes à feu rend les chirurgiens familiers avec des plaies d’une sorte nouvelle, que l’on cautérise au fer rouge ou à l’huile bouillante au risque de tuer le blessé. Paré met au point la ligature des artères, qu’il substitue à la cautérisation, dans les amputations.

L’instruction d’Ambroise est confiée à un chapelain, qui se dédommage de l’extrême modicité de la pension en faisant de son élève son domestique au lieu de lui enseigner le latin. Ambroise Paré, qui ignorera toute sa vie le grec et le latin, quitte cette place sans avenir et entre comme marmiton chez le comte de Laval. On remarque son sérieux, son intelligence et son adresse et le barbier du comte le prend pour apprenti. Il coupe le poil, arrange les perruques et va ici et là panser les ulcères. Il devient ensuite aide-soignant d’un barbier d’Angers puis travaille à Vitré avec son frère Jean, lui aussi chirurgien-barbier.

En 1529, il entre comme compagnon chirurgien à l’Hôtel-dieu et déclare : « Ce n’est rien de feuilleter les livres de gazouiller, de caqueter en chaire de la chirurgie, si la main ne met en usage ce que la raison ordonne ». Durant trois années, Paré côtoie « tout ce qui peut être d’altération et maladies au corps humain ». Il observe malades et cadavres et enrichit son savoir anatomique. À la fin de ses études, il choisit, sans doute pour des raisons financières, de s’attacher au service du duc René de Montjean, colonel général d’infanterie. Il devient maître barbier-chirurgien en 1536.

Accompagnant le duc, il reçoit le baptême du feu en 1537 à la bataille du Pas de Suse (huitième guerre d’Italie). Il y pratique la première désarticulation du coude et découvre que la poudre des arquebuses n’empoisonne pas les blessures comme on le croyait. Il voit des scènes atroces et tente avec succès d’adoucir les méthodes de guérison trop brutales qui consistent par exemple à cautériser les plaies à l’huile bouillante. À la mort de Montjean, Ambroise Paré est de retour à Paris . Il se marie le 30 juin 1541 avec Jeanne Mazelin à Saint-André-des-Arcs ( elle décèdera le 4 novembre 1573 en lui laissant la garde de leur fille âgée de treize ans, Catherine, et celle de leur nièce de dix-neuf ans, Jeanne Paré). Il entre alors une première fois au service de René de Rohan.

En 1542, il assiste au siège de Perpignan, alors occupée par les Espagnols. Les tentatives de Rohan pour reprendre la ville échouent, mais Paré, lui, continue d’élaborer de nouvelles techniques chirurgicales. Le maréchal de Brissac ayant reçu une balle dans l’épaule, il a l’idée de replacer le blessé dans la position initiale au moment de l’impact pour récupérer la balle perdue.

La campagne achevée, il se met à la rédaction du récit de ses voyages qu’il souhaite faire paraître en français. Mais il lui faut le soutien du roi face à la faculté de médecine pour voir aboutir son projet ; en 1545 il publie la Méthode de traiter les plaies faites par les arquebuts et autres bastons à feu, et celles qui sont faites par la poudre à canon puis un Traité sur l’accouchement et l’anatomie.

Au siège de Damvillers, il doit amputer l’un des gentilshommes de l’armée du comte de Rohan. Plutôt que d’appliquer le fer rouge pour éviter l’hémorragie, il tente sa nouvelle méthode et ligature les artères du blessé, qui se rétablira. À la mort de Rohan, tué près de Nancy, Paré entre au service de Antoine de Bourbon, roi de Navarre puis à celui de Henri II de France, qui l’admit au nombre de ses chirurgiens ordinaires aux côtés de Nicolas Lavernot, Jean d’Amboise et Jean Fromager. Désormais, la carrière de Paré sera intimement liée au destin des souverains de son pays. Il participa à plusieurs campagnes militaires aux côtés du Roi.

En 1557, au siège de St Quentin en Picardie, il note que les asticots d’une certaine mouche aident à la cicatrisation des plaies de blessés. L’Asticothérapie est aujourd’hui développée ou redécouverte, utile contre les souches nosocomiales de bactéries notamment.

C’est après avoir brillamment guéri François de Lorraine, duc de Guise, en 1551 que Paré fut nommé Premier Chirurgien du Roi.

En 1553 il est prisonnier au siège de Hesdin (Vieil Hesdin avant sa destruction par Charles Quint). Cherchant une reconnaissance officielle, Paré décide d’obtenir le titre de docteur en chirurgie ; ses "confrères" tentent de s’y opposer mais l’appui du roi est le plus fort et il reçoit le titre tant convoité le 8 décembre 1554, sans avoir eu à passer les épreuves de latin.

À 45 ans, il est chirurgien barbier dans une échoppe ; les barbiers-chirurgiens ont fondé la Confrérie de Saint-Côme. Il a acquis une grande expérience pendant la guerre d’Italie et sur les autres champs de bataille. Ses Œuvres sont le résultat de 40 ans de pratique.

En 1561 et 1562, il publie deux autres ouvrages dont son Anatomie universelle du corps humain. Il devient premier chirurgien auprès du roi Charles IX. Paré est renvoyé au secours des armées, d’abord à Rouen, puis à Dreux et au Havre. Les guerres de religion opposant catholiques et protestants (huguenots) ont repris de plus belle, ensanglantant le pays pour les trente années à venir. De 1564 à 1566, Paré accompagne Charles IX en visite à travers la France et en profite pour débusquer de nouvelles pistes de recherches.

À la Saint-Barthélemy, il est protégé par la famille des Guise. Ferme dans ses convictions huguenotes, il aurait, dit-on, répondu au roi qui tentait de le convaincre d’abjurer : « Par la lumière de Dieu, Sire, je crois qu’il vous souvient m’avoir promis de ne me commander jamais quatre choses, savoir : de rentrer dans le ventre de ma mère, de me trouer à un jeu de bataille, de quitter votre service et d’aller à la messe. ».

Veuf en 1573, il se remarie le 18 janvier 1574 avec Jacqueline Rousselet et aura 6 autres enfants, le dernier à 73 ans. Un de ses petit-fils est François Hédelin. Couronné en 1574, Henri III de France le garde auprès de lui en tant que premier chirurgien.

Ambroise Paré suspend alors ses voyages pour se consacrer à la rédaction de ses ouvrages. Autodidacte ne sachant ni le grec ni le latin, il publia à dessein ses ouvrages en français, avec les encouragements de la cour et de ses illustres contemporains, dont Pierre de Ronsard. Ce dernier lui adressa deux poèmes, placés en tête du volume de ses œuvres en 1575. « Je n’ay voulu escrire en autre langaige que le vulgaire de nostre nation, ne voulant estre de ces curieux, et par trop supersticieux, qui veulent cabaliser les arts et les serrer soubs les loix de quelque langue particulière » explique Paré dans son avis au lecteur. Étienne Gourmelen, doyen de la Faculté de médecine, entouré de médecins qui auraient dû soutenir Paré, tentèrent de s’opposer à la mise en vente du livre, prétextant qu’il contenait des choses abominables, contraires à la bonne morale. L’affaire fut menée devant le Parlement, sans succès et le livre fut distribué et mis en vente sans modifications.

Il meurt à Paris le 20 décembre 1590. Pierre de l’Estoile raconte que, quelques jours avant la levée du siège de Paris par Henri IV (29 août 1590), Paré avait adjuré dans la rue Pierre d’Épinac, archevêque de Lyon, d’intercéder en faveur de la paix pour soulager la misère du peuple et que Pierre d’Épinac en avait été ébranlé, « encore que ce fût un langage de politique que le sien. ». Ambroise Paré recevra de grandes funérailles à l’église Saint-André-des-Arts de Paris.

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