Cette dénomination provient des fêtes prestigieuses de l’Epinette organisées à l’origine en honneur d’une relique de la Sainte Epine, laissée par la Comtesse Jeanne en 1244 au couvent des frères prêcheurs de Lille.
Les fêtes lilloises de l’Epinette, par leur luxe de cortèges, de festins, de joutes et de tournois, attirèrent pendant près de trois siècles une multitude de seigneurs et de chevaliers. Louis XI, Roi de France, lui-même de passage à Lille, y assista, prenant part aux joutes. Les Rois de l’Epinette, choisis parmi les plus riches habitants, présidaient les fêtes annuelles offertes à la noblesse par la bourgeoisie. Pour faire face aux dépenses excessives qu’elles entraînaient, un octroi était prélevé sur le poisson de mer, les draps, la teinture, les ventes de biens. Plus tard, on leva un impôt sur le sel ainsi que des amendes "sur les gens de mauvaise et folle vie et déshonnêtes". Mais peu à peu, notamment vers 1498, nécessité faisant loi, les deniers destinés à ces solennités furent affectés à des travaux d’utilité publique tels que les fortifications ou les chaussées. La fin tragique en 1559 du Roi de France, Henri II, au cours d’un tournoi, fit totalement passer de mode l’usage des joutes. Celles de l’Epinette, tout comme les autres, cédèrent le pas aux carrousels et aux duels. Par sa dénomination, la rue de l’Epinette perpétue donc le souvenir de l’une des pages historiques les plus riches des annales régionales.
Ce n’était à l’origine qu’un simple chemin boisé, emprunté par les conducteurs de moellons, mais âprement revendiqué en 1785 par le chapitre de Seclin, pour la propriété des arbres.
L’actuelle rue Mirabeau y aboutissait, traversant Ennequin d’ouest en est, entre les haies d’aubépine et de sureau ; mais la vente progressive d’arbres (entamé dès 1742 par le Comte de Thiennes, seigneur de Loos) contribua largement à modifier la physionomie du village. On retrouve la rue de l’Epinette au cadastre de Loos de 1814 sous le nom de Chemin Blanc (de la route nationale à l’actuelle rue Faidherbe). Dans les annales de Loos de M. Charles Liagre, elle figure au plan de Loos au XVIIIème siècle sous le nom de chemin de l’Epinette à la Vieille Motte (vers l’Epi de Soil). C’est un cadastre de 1886 que sont mentionnés les immeubles des courrées de la rue de l’Epinette, appartenant à des propriétaires privés et occupés par les salariés des diverses industries loossoises.
Elles se composent des cours, maintenant disparues : Dhaine, Fichaux, Bultel et des cités Saint-Joseph et Grimonprez. C’est un ensemble de maisons accolées, construites en brique, sans commodité, comportant généralement deux étages et séparées par des cours.
Après le relogement progressif des habitants, la démolition des courées inoccupées s’acheva en 1985.
Les anciennes courées ont aujourd’hui disparu rue de l’Epinette. L’espace libéré a cédé la place à une zone aménagée pour offrir à la fois des logements ainsi qu’un espace de qualité pour l’accueil d’activités diversifiées.
Cette destination provient des conclusions d’une enquête réalisée en 1983 révélant les besoins exprimés pas les petites entreprises artisanales, de disposer de petites et moyennes surfaces jouxtant des logements locatifs. Après la construction de logements socio-locatifs et de logements individuels en accession à la propriété, la ville de Loos, maître d’ouvrage du projet, offrit 4 800 m2 de surface brute divisée en lots de 180 à 300 m2 aux entreprises désireuses de s’implanter dans la commune ou simplement de s’agrandir, comme l’entreprise Roger.
Successivement se sont implantées dans la zone de l’Epinette : l’entreprise Conception Réalisation Nord dans le domaine de la rénovation de bâtiments, la société Mathieu spécialisée dans la fabrication d’éléments de mesure pour contrôle de chaudières, la société Nilfisk pour la vente et entretien d’aspirateurs industriels, l’imprimerie Graph 1’, la S.L.A.C., vente et entretien d’appareils de caféterie et la société Protect Car spécialisée dans la pose d’alarmes, de téléphones et radios de voitures.
Quelque temps après, s’édifia sur le site un garage automobile d’une superficie de 1 500 m2 à l’enseigne de Peugeot.
La ZAC de l’Epinette, construite avec l’aide de la Communauté Urbaine de Lille, a donc permis l’implantation dans les cellules artisanales de 7 entreprises apportant ou créant plus de 60 emplois de Loos.
L’ouverture de la rue d’Ornano, rendant disponibles d’autres terrains, devrait permettre d’étoffer le tissu artisanal et de créer une liaison avec le centre ville.
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