Rue du Docteur Calmette

 La rue Faidherbe est le chemin situé à gauche de la route de Béthune (en venant de Lille), parallèle à celle-ci, conduisant à la chapelle Notre Dame de Grâce (emplacement de l’école apostolique où s’élève de nos jours le foyer-logement « La vesprée » et à Haubourdin. La « pied-sente », qui donna la rue Faidherbe, fit successivement l’objet de désignations diverses, comme le petit chemin menant à Notre Dame de Grâce, le petit chemin de Notre Dame à Lille, le plat chemin allant du cabaret du Chou à Notre Dame de Grâce, la ruelle Plouquet, ou encore la rue du Sentier.

 Elle se divise à l’heure actuelle en deux tronçons : l’un dont la dénomination a été maintenue concerne la partie allant de la rue de l’Epinette à la rue Jules Gueste (rue d’Ennequin) ; le second allant de la rue Jules Guest à la rue Dhainaut, a reçu le nom de rue du Docteur Calmette.

Albert Calmette :

 Albert Calmette est un médecin et bactériologiste français, né le 12 juillet 1863 à Nice (Alpes-Maritimes) et mort le 19 octobre 1933 à Paris. Sa renommée tient à la mise au point entre 1904 et 1928, avec Camille Guérin, de la vaccination contre la tuberculose grâce au BCG.

 Il fait ses études dans différents lycées à Clermont-Ferrand, au Lycée Saint-Charles à Saint Brieuc et à Brest, ainsi qu’au lycée Saint-Louis à Paris. De 1881 à 1883, il est élève de l’École de médecine navale de Brest, où il suit l’enseignement d’Armand Corre. En 1883, il commence à exercer dans le corps de médecins de marine à Hong-Kong, où il étudie la malaria, sujet de sa thèse de doctorat qu’il soutient en 1886. Il est ensuite envoyé à Saint-Pierre-et-Miquelon, puis il exerce en Afrique occidentale, au Gabon et au Congo, où il continue d’étudier non seulement la malaria mais aussi la maladie du sommeil et la pellagre.

 En 1890, il suit un stage de bactériologie dans le laboratoire du docteur Émile Roux à Paris. Associé aux recherches de Louis Pasteur, il est chargé par ce dernier de fonder l’Institut Pasteur de Saïgon où il organise la production de vaccins contre la rage. Il se consacre à la toxicologie, qui vient de naître, en liaison étroite avec l’immunologie, et il étudie le venin des serpents et des abeilles, les poisons issus des plantes et le curare. Il organise également la production de vaccins contre la variole et la rage, et mène des recherches sur le choléra et sur la fermentation de l’opium et du riz.

 En 1894, il revient en France et met au point les premiers antivenins contre les morsures de serpent en utilisant des sérums de chevaux vaccinés et immunisés (le sérum de Calmette). Ces travaux sont repris plus tard à l’Instituto Butantan de São Paulo par le médecin brésilien Vital Brezil qui met au point plusieurs autres antivenins contre les serpents, les scorpions et les araignées. Calmette participe également à la mise au point du premier sérum immunisateur contre la peste bubonique (la peste noire), en collaboration avec Alexandre Yersin (1863-1943), qui avait découvert son agent pathogène, Yersinia pestis, et il se rend au Portugal pour étudier une épidémie à Porto et aider à la combattre.

 À partir de 1895, il poursuit d’autres recherches à l’Institut Pasteur de Lille, dont Roux lui avait confié la direction qu’il assumera pendant 25 ans. En 1901, il y fonde le premier dispensaire antituberculeux qui porte aujourd’hui son nom. En 1904, il fonde la Ligue du Nord contre la Tuberculose, qui existe toujours. En 1909, il participe à la fondation de l’antenne d’Alger.

 Au cours de la première Guerre mondiale, il est nommé adjoint du directeur du service de santé de la 1re région militaire à Lille, mais ne peut rejoindre la ville occupée par les troupes allemandes. Il organise les hôpitaux militaires auxiliaires.

 En 1917, il est nommé directeur adjoint de l’Institut Pasteur de Paris. Il est élu à l’Académie de médecine en 1919 et de l’Académie des sciences en 1927.

 Le principal travail scientifique de Calmette, celui qui devait lui apporter une gloire mondiale et attacher son nom à l’histoire de la médecine, fut la mise au point d’un vaccin contre la tuberculose qui, à cette époque, faisait des ravages. En 1882, le microbiologiste allemand Robert Koch avait découvert que l’agent pathogène de cette maladie était le Mycobacterium tuberculosis (bacille de Koch), découverte qui avait intéressé Pasteur.

 En 1906, Camille Guérin, vétérinaire et immunologiste, avait établi que l’immunité contre la tuberculose était liée à des bacilles tuberculeux vivant dans le sang. En utilisant la méthode pastorienne, Calmette voulut savoir si cette immunité se développerait comme réponse à l’injection, chez les animaux, de bacilles bovins atténués. Cette préparation reçut le nom de ses deux découvreurs (Bacillum Calmette-Guérin, ou en abrégé BCG). L’atténuation était obtenue en cultivant les bacilles dans un substrat contenant de la bile, d’après une idée émise par un chercheur norvégien, Kristian Feyer Andvord (1855-1934).

 De 1908 à 1921, Guérin et Calmette s’efforcèrent de produire des souches de bacilles de moins en moins virulentes, grâce à des transferts dans des cultures successives. Enfin, en 1921, ils utilisèrent le BCG avec succès sur des nouveau-nés à l’hôpital de la Charité de Paris.

 Le programme de vaccination sembla cependant connaître un sérieux revers quand, en 1930, 72 enfants vaccinés contractèrent la tuberculose, à Lübeck. Mais l’enquête prouva que l’Institut Pasteur avait fourni des souches saines et que c’étaient les médecins de Lübeck qui avaient été coupables de négligences scandaleuses ; ils furent d’ailleurs condamnés à de la prison ferme tandis que l’Institut Pasteur était mis hors de cause. La vaccination massive des enfants fut réintroduite dans beaucoup de pays après 1932 avec des techniques de production plus sûres. Calmette n’en avait pas moins été profondément atteint et il mourut un an plus tard à Paris.

 Il était le frère cadet de Gaston Calmette (1858-1914), rédacteur en chef du Figaro de 1903 à 1914, qui fut assassiné en 1914 par Henriette Caillaux, l’épouse du ministre des Finances socialiste Joseph Caillaux.

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