Avant le XVIIIème siècle, la rue du Bazinghien était simplement la ruelle des Fonteneaux qui s’étendait de la place de l’Eglise à la cense du Mortier, à l’angle de la place Thiers actuelle ; à son entrée, à droite, s’ouvrait la petite rue des Prêtres qui devint l’avenue Godron puis la rue Arago donnant accès à la résidence Clémenceau.
La ruelle des Fonteneaux reçut le nom de rue du Bazinghien lorsqu’on ne fit qu’une seule voie, plus importante, parallèle à la route nationale, de la rue de Londres à la place Thiers, reliée au chemin de « Los » allant vers Esquermes par « La Solitude ».
Elle doit son nom au fief possédé en 1165 par le chevalier et seigneur Robert de Basinghien, fief sur lequel était ouvert, ainsi qu’il figure au plan de « Los au XVIIIème siècle », le chemin de Los à Esquermes, qui, plus tard, lui servit d’assiette.
La seigneurie du Basinghien fut ensuite la propriété de la famille Gomer ; du XVème siècle à la Révolution, elle fut divisée en deux parties : l’une sur Loos, aux familles de Harchies, Sénéchal et de Lespaul ; l’autre, sur Esquermes, aux familles de le Cambe et Alegambe. Un autre morceau, « Le Quint de Basinghien », détaché du gros fief eut pour seigneurs les membres de la famille Deliot de la Croix et, en 1738, le comte Gaëtan de Thiennes, déjà seigneur de Frennes et Los. L’estaminet de Saint-Crépin, au coin de la place et de la rue Gambetta actuelle, tenu en 1717 par la veuve Denis Duhamaut, constituait à lui seul le fief du Quint.
Mais entrons dans la rue Bazinghien, telle qu’on pouvait la voir au début du XIXème siècle, à droite, le calvaire, érigé en 1867, et à gauche, une fabrique construite sur l’emplacement de la vieille ferme de Bazinghien.
Tous les Loossois connaissent le calvaire, érigé depuis plus de 130 ans à l’angle de la rue de Londres, lequel, pour des raisons d’urbanisation du quartier, dut être enlevé de l’emplacement qu’il occupait. Profitant de cette circonstance, la municipalité de M. Avinée le fit remplacer par un nouvel ensemble.
Face au calvaire, se dressent des bâtiments de la filature Thiriez, construite sur l’emplacement de la cense du Basinghien. Cette cense fut vendue le 15 mai 1700 par contrat établi par contrat établi par Jean du Riet, notaire royal, avec les terres voisines tenant au champ de la Muchotte et la moitié de la seigneurie de Menin, au profit des Dominicains de Tournai, légataires de M. Harchies. En 1777. Florent Platel signait avec M. de Lespaul de Fretin son bail de fermier de Basinghien.
En direction de l’église Notre Dame de Grâce, la rue du Bazinghien s’avançait et passait entre les anciens fiefs de Langlée à gauche, de Landas à droite, ayant eu pour seigneurs, le premier, la famille de Langlée représentée au XVIIème et XVIIIème siècles par les Comtes de Hoogstraeten et les Princes de Salm ; le second la de Landas, M. Miroul, seigneur de Monchy, les familles Deliot de la Croix, Le Mesre de Gruteghem, Castellan d’Escleps. C’est sur les terres de ce dernier fief qu’est situé le Château de Landas dans lequel le Roi Louis XIV descendit lors du siège de Lille en 1667. Le Duc d’Orléans qui l’accompagnait fut logé, à côté, au château des Frennes et Los (château Crespel).
Le château de Landas se dresse toujours sur les terres de son fief, mais a changé de place. En effet, en 1961, pour permettre le percement et la construction de l’autoroute ouest, les services départementaux des Ponts et Chaussées ont fait procéder aux travaux de son déplacement et de sa réinstallation sur de nouvelles fondations construites à environs une soixantaine de mètres à l’est.
En raison de leur importance et des difficultés qu’ils présentaient, ces travaux ont attirés une foule de visiteurs et suscité la curiosité générale. La presse française et la presse étrangère leur ont d’ailleurs consacré nombre d’articles et reportages photographiques.
![]()