Avenue Saint-Marcel

L’Avenue Saint-Marcel à Loos

A partir de 1909, la famille Thiriez décida l’édification d’un quartier, à l’écart de l’usine. Cet emplacement d’une quinzaine d’hectares est situé au sud de la commune, sur le plateau d’Ennequin.

La situation de l’avenue Saint Marcel, à l’extrémité de ce qu’était le hameau d’Ennequin au début du siècle et aujourd’hui, au sein du grand Ennequin, nous fait percevoir par voie de comparaison le développement de notre ville de Loos. Elle formait avec la rue Henri Ghesquière u ensemble bâti peu avant la guerre.

Marcel Thiriez décède accidentellement au cours de son service militaire. Ses parents décident alors de perpétuer sa mémoire en érigeant un ensemble de maisons sur un emplacement qu’ils possèdent, recouvrant 12 à 15 hectares environ. Celui-ci sera traversé par une large avenue baptisée avenue Saint Marcel. Les logements mesurant 6 à 7 mètres de large pour autant de profondeur, sont disposés sur un terrain variant entre 300 à 500 mètre carré. L’avenue Saint Marcel s’élargit au centre du quartier pour favoriser la création d’un square faisant face à l’école ménagère (Institut Notre Dame du Sacré Cœur).

Les bâtiments de l’avenue Saint Marcel formeront des groupes de deux ou quatre maisons toutes en retrait de trois à cinq mètres sur la voie publique. Devant chacune d’elles s’épanouit un jardinet qui a le gros avantage d’écarter les habitations les unes des autres, d’embellir l’aspect extérieur, de permettre aux enfants et aux parents de s’asseoir devant chez eux sans se trouver sans la rue et enfin la faciliter l’ouverture de fenêtres au rez-de-chaussée. Néanmoins, cette cité n’est pas prioritairement destinée aux ouvriers des établissements Julien Thiriez, père et fils. C’est pourquoi les architectes se sont efforcés de ne pas conférer à ce quartier l’allure d’une cité ouvrière. Chaque maison a son style particuliers et un ensemble de détails veille à les distinguer les unes des autres afin qu’il n’y ait pas deux maisons semblables. Les habitations sont de grandeurs différentes : les petites pour vieux et jeunes ménages ayant peu d’enfants, les grandes destinées aux familles nombreuses. Certains, à l’époque, trouvèrent ce lieu trop éloigné, et trop désert, et pour mieux appuyer cette opinion, l’avaient baptisé « Le Maroc ».

On ne peut parler de ce quartier sans évoquer les événements dramatiques dont il fut le théâtre au cours des deux conflits mondiaux. En 1914-1918, les allemands avaient installé, dans les champs qui le jouxtaient, un camp d’aviation abritant les escadrilles les plus réputés pilotes de leur aviation de chasse. Au printemps 1918, ce terrain ainsi que toutes ses installations furent rendus inutilisables par un raid de commandos britanniques. Puis en 1944, le 18 septembre, à 23h30, moins d’un mois après la libération de Loos, une fusée V2 allemande venait s’écraser et pulvériser quatorze habitations, il y aura neuf morts et une vingtaine de blessés, tel fut le bilan de ce cruel événement encore présent dans la mémoire de bon nombre de Loossois, au cours duquel ils ont perdu un parent ou un ami cher.

Tout a bien changé, depuis. L’intégration de cet ensemble à l’agglomération par l’extension de son périmètre, la construction d’un lotissement plus récent, en ont fait un lieu véritablement résidentiel. Enfin, par les travaux complets de voirie et d’embellissement inaugurés récemment, le samedi 26 juin 2004, la plantation d’arbres sur toute sa longueur, l’avenue Saint Marcel a maintenant retrouvé son charme d’antan. Ce jour-là, c’est à deux jeunes élus du conseil municipal d’enfants, Elodie et Osmane, qu’est revenu le privilège de couper le ruban en présence de Pierre Mauroy, Président de la Communauté Urbaine de Lille, du Maire de Loos, Daniel Rondelaere, et de la cinquantaine d’habitants venus assister à l’inauguration de leur rue totalement rénovée. Démarré en septembre 2003, le chantier aura duré 10 mois, avec la mise en sens unique de l’avenue, l’augmentation du nombres de places de stationnements, l’installation d’une zone 30, l’élargissement des trottoirs, la mise en place de plateaux surélevés à chaque carrefour et à toutes les entrées de rue, et, enfin, une réfection de la voirie. Toujours dans le cadre de ce chantier, Lille Métropole Communauté Urbaine en a profité pour transformer le chemin de terre de la rue des Œillets en une rue digne de ce nom, ouverte, par conséquent, à la circulation et au stationnement, et dont l’éclairage a été amélioré (tout comme celui de la placette située sur l’avenue). Embellie et plus sûre, l’avenue Saint Marcel est maintenant toute bardée d’arbustes et d’une soixantaine de noisetiers de Byzance.

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