
Claude Joseph Rouget de Lisle, souvent appelé Rouget de l’Isle, né le 10 mai 1760 à Montaigu, près de Lons-le-Saunier (Jura), et mort le 30 juin 1836 à Choisy-le-Roi (Seine), est un officier français du Génie, poète et auteur dramatique, auteur de La Marseillaise.
Sorti de l’École royale du génie de Mézières, il est nommé dans différentes garnisons, dont Mont-Dauphin. En garnison à Strasbourg au début de la Révolution, il écrit, à la demande de Philippe-Frédéric de Dietrich, maire de Strasbourg, Le Chant de guerre pour l’armée du Rhin, le 25 avril 1792. Entonné par le bataillon des Marseillais dans leur marche vers Paris en juillet 1792, ce chant est très vite appelé La Marseillaise et devient l’hymne national français le 14 mars 1879.
Le 10 août 1792, Rouget de Lisle est destitué de ses fonctions de capitaine par Lazare Carnot pour avoir protesté contre l’internement de Louis XVI à la suite de la prise des Tuileries. Emprisonné sous la Terreur pour royalisme et échappant à la guillotine, puis combattant en Vendée, il démissionne en 1796 et vit difficilement à Lons-le-Saunier.
Sous le Ier Empire, il dirige une entreprise de fournitures de vivres auprès des armées.
Rouget de Lisle compose d’autres chants semblables à la Marseillaise et en 1825 il publie Chants français. Il n’arrive pas à percer dans sa carrière littéraire (préfaces, traductions d’ouvrages anglais, mémoires). Il écrit sous la Restauration un hymne royaliste. Mais celui-ci, baptisé Vive le Roi, ne parvint pas à séduire Louis XVIII, qui n’agréa pas la chanson. Il finira sa vie dans une situation précaire, devant même vendre l’héritage de son père. Sous la Monarchie de Juillet, Louis Philippe lui accordera une pension viagère. Peu de temps après, il s’éteint à Choisy-le-Roi le 26 juin 1836 à l’âge de 76 ans. Ses cendres furent portées aux Invalides en 1915. On peut cependant encore voir sa tombe au cimetière de Choisy-le-Roi.
Les paroles de La Marseillaise sont marquées par les slogans patriotiques, et le style du temps, qu’on retrouve dans les affiches de conscription, ou autres chants, : "Aux armes, citoyens !", "l’étendard de la guerre est déployé... Marchons... Il faut combattre, vaincre ou mourir"... ou des images littéraires, comme chez Nicolas Boileau : ...Et leurs corps pourris, dans nos plaines, n’ont fait qu’engraisser nos sillons (Ode sur un bruit qui courut, en 1656, que Cromwell et les anglais allaient faire la guerre à la France), comme d’autres chansons, alliant l’idée de patrie à celle de terre nourricière, de défense des plus faibles devant l’envahisseur (l’Europe coalisée contre la France), stigmatisant "les féroces étrangers qui ravissent d’entre nos bras nos femmes et nos enfants". La musique, sans signature, pourrait être attribuée à plusieurs compositeurs, dont Ignace Pleyel, Jean-Frédéric Edelmann, Jean-Baptiste Grisons.
La Marseillaise a été traduite dans pratiquement toutes les langues du monde, comme chant révolutionnaire et de résistance, notamment dans les camps de concentration nazis.
La ville de Lons-le-Saunier a rendu de nombreux hommages à Rouget de Lisle. Le premier en 1882 en lui élevant une statue, commandée à Bartholdi (à qui l’on doit la statue de la Liberté de New York). Puis en célébrant les anniversaires de sa naissance, de son décès ou encore de la composition de La Marseillaise (en 1992). Chaque heure, le carillon du théâtre égrène les premières notes de La Marseillaise pour rappeler aux Lédoniens que son auteur est un enfant du pays. Enfin, en 1996, la ville a inauguré un musée dans son appartement natal.
Le train corail reliant Strasbourg à Nice était surnommé "Le Rouget de Lisle".
Une plaque a été déposée sur sa maison de Choisy-le-Roi, dans laquelle il est décédé (au 6 rue Rouget de Lisle).