Au début du XIXème siècle, Ennequin n’est encore qu’un pittoresque petit hameau champêtre. De nombreux terrains demeurent inutilisés et à ses portes s’étend la vaste plaine de Loos.
Le 25 février 1898, Monsieur Deroullers (cultivateur à FLEM) et ses héritiers abandonnent gratuitement à la commune le terrain nécessaire à la création d’une place publique, d’abord dénommée place publique d’Ennequin, puis place de la République et enfin en 1935, place jean-Jaurès, c’est un lieu bucolique largement boisé, où l’herbe folle pousse abondante. On y mène volontiers paître les chèvres et l’on y cueille la nourriture des lapins. C’est un terrain de jeu idéal où les enfants d’Ennequin aiment à s’ébattre gaiement.
Mais peu à peu Ennequin se transforme. De nombreuses habitations s’implantent le long des rues nouvellement créées. Ses habitants s’y sentent un peu isolés et estiment trop long le trajet imposé aux enfants qui doivent fréquenter les écoles du Centre.
La municipalité de Georges Potié a parfaitement conscience des préoccupations des gens « de l’autre côté de la voie ferrée ». Depuis le 16 novembre 1883, elle projette d’édifier une école maternelle à Ennequin, mais il faut surmonter bon nombre de difficultés financières et administratives. C’est en 1901 que débute enfin la construction de la première école publique d’Ennequin ; école maternelle Anatole France, et la réception définitive des travaux le 31 octobre 1903.
Dès 1904, 175 enfants ont la chance de pouvoir fréquenter cette nouvelle établissement, il faudra d’ailleurs demander l’ouverture d’un troisième classe.
En 1910, se décide l’édification d’une école de filles venant s’appuyer sur l’école maternelle : c’est l’école Marie Curie. Son implantation s’achève en 1912, mais entre-temps survient la guerre et la rection définitive n’a lieu que le 12 mars 1921.
Plus tard, face à cet ensemble : un baraquement dont on a fait la Mairie-Annexe. Mme Dumortier, épouse du Secrétaire de Mairie Adjoint à l’époque y délivre les actes d’Etat Civil et y fait office d’annexe de la poste. C’est en 1930 qu’est bâtie côté Est de la place, l’école communale des garçons Michelet ; la forte démographie exige en 1955 le transfert de l’école maternelle Anatole France dans de nouveaux locaux venant d’être construits côté Ouest. Ceci permet de rattacher en cette occasion les classes de la première école maternelle à l’école des filles qui lui est contiguë.
Quant à la place par elle-même, elle s’aménage progressivement. Déjà en 1949, il a fallu niveler des décombres des familles sinistrées d’Ennequin à l’issue de la tourmente de 1940. Toujours appréciée des enfants pour la poursuite de leurs jeux aux sorties de classes, elle est également utilisée pour les cours de gymnastique scolaire lorsque les intempéries le permettent. Mais elle a perdu son aspect champêtre : plus de barrissements, plus de rugissement place Jean-Jaurès, même si l’on se souvient du cirque qui, dès les beaux jours, s’y installait régulièrement.
Afin d’en atténuer l’austérité, de petits arbres sont à nouveau plantés sur le pourtour et des massifs fleurs y sont créés. Enfin en 1974, joignant l’utile à l’esthétique, l’Administration Municipale fait aménager les espaces verts et parkings de ce vaste terrain que bon nombre de Loossois surnomment encore et si justement « la place des écoles ».

Jean Jaurès est un homme politique français, né à Castres (Tarn) le 3 septembre 1859 et mort assassiné à Paris le 31 juillet 1914 par le militant d’extrême-droite Raoul Villain.
Jean Jaurès, de son nom d’état civil Auguste Marie Joseph Jean Léon Jaurès, est né à Castres en 1859 dans une famille de la petite bourgeoisie du Tarn (dont sont issues quelques brillantes carrières comme celle de Benjamin Jaurès, amiral et ministre de la marine en 1889). Son père, Jules Jaurès, négociant, n’a pas réussi et se replie sur une petite exploitation agricole de six hectares dans laquelle son fils va passer son enfance et son adolescence jusqu’à l’âge de dix sept ans.
C’est une époque où il connaîtra, non pas la misère, mais peut-être une certaine gêne qui le fera toucher du doigt les difficultés du peuple. Sa mère, Adélaïde Barbaza, s’occupe de l’éducation des deux enfants du couple : Jean l’aîné, et Louis qui devint amiral et député républicain-socialiste.
Brillant élève, Jean Jaurès fait ses études au lycée Louis-le-Grand. En 1878, il est reçu premier à l’École normale supérieure en philosophie, devant Henri Bergson. En 1881, il termine troisième à l’agrégation de philosophie.
Devenu professeur, Jaurès enseigne tout d’abord au lycée Lapérouse d’Albi, puis rejoint Toulouse en 1882 pour exercer comme maître de conférences à la faculté des Lettres. Il donne également un cours de psychologie au lycée de jeunes filles de cette même ville.
Il se marie le 29 juin 1886 avec Louise Bois (1867-1931), fille d’un marchand de fromages en gros d’Albi, avec qui il a deux enfants :
Jean Jaurès, formé intellectuellement durant la difficile naissance de la Troisième République, entre en politique à 25 ans comme candidat républicain aux élections législatives de 1885. Il est élu, et siège à l’assemblée nationale parmi les républicains « opportunistes » où il soutient le plus souvent Jules Ferry. En 1889, Jean Jaurès n’est pas réélu. Privé de son mandat de député en 1889, Jean Jaurès reprend son enseignement à la faculté de Toulouse. Il est reçu docteur en philosophie en 1892 avec sa thèse principale De la réalité du monde sensible et sa thèse secondaire en latin, « Des origines du socialisme allemand chez Luther, Kant, Fichte, et Hegel ». Jean Jaurès continue également son activité politique. À partir de 1887, il collabore au journal La Dépêche du Midi de tendance radicale. Il devient conseiller municipal sur les listes radicales-socialistes, puis maire adjoint à l’instruction publique de Toulouse (1890-1893). Ses travaux intellectuels, son expérience d’élu local, sa découverte des milieux ouvriers et des militants socialistes, l’orientent vers le socialisme. Cette évolution s’achève avec la grève des mineurs de Carmaux. En 1892, quand éclate la grande grève des mineurs de Carmaux, Jean Jaurès est à l’écart de la vie politique nationale. L’origine du conflit est le licenciement de Jean-Baptiste Calvignac, ouvrier mineur, leader syndical et socialiste qui venait d’être élu maire de Carmaux le 15 mai 1892 par "La Compagnie des Mines", dirigée par le baron Reille (l’homme fort de la droite tarnaise), et par son gendre le marquis de Solages (député de la circonscription). Le prétexte motivant le licenciement est les absences de Jean-Baptiste Calvignac provoquées par ses obligations d’élu municipal. Ce licenciement est considéré par les mineurs comme une remise en cause du suffrage universel et des droits réels de la classe ouvrière à s’exprimer en politique. Les ouvriers se mettent en grève pour défendre « leur » maire. Les autorités républicaines envoient l’armée (1500 soldats) au nom de la « liberté du travail ». En plein scandale de Panamá, la République semble ainsi prendre le parti du patronat monarchiste contre les grévistes. Dans ses articles à la Dépêche, Jean Jaurès soutient cette grève des mineurs de Carmaux. Il accuse la République d’être aux mains de députés et ministres capitalistes favorisant la finance et l’industrie aux dépens du respect des personnes. Durant cette grève, il fait l’apprentissage de la lutte des classes et du socialisme. Arrivé intellectuel bourgeois, républicain social, Jean Jaurès sort de la grève de Carmaux acquis au socialisme. Sous la pression de la grève et de Jaurès, le gouvernement arbitre le différend marquis de Solages-Calvignac au profit de l’ouvrier Calvignac. Solages démissionne de son siège de député. Jaurès est alors désigné par les ouvriers du bassin pour les représenter à la Chambre. Il est élu le 8 janvier 1893 comme socialiste indépendant malgré les votes ruraux de la circonscription. Désormais, Jean Jaurès représente à la chambre des députés les mineurs de Carmaux. Il milite avec ardeur contre les lois scélérates. Surtout, Jaurès se lance dans une incessante et résolue défense des ouvriers en lutte. Il défend les verriers de Carmaux, renvoyés par leur patron Rességuier. Il participe à la fondation de la Verrerie ouvrière d’Albi, premier grand exemple d’entreprise coopérative. Dans le Languedoc viticole, il visite les « vignerons libres de Maraussan » qui créent la première cave coopérative. En 1898, il est battu par le marquis de Solages et perd donc son mandat de député. Au début de l’affaire Dreyfus, Jaurès est convaincu de la culpabilité du capitaine Dreyfus. Jaurès utilise même la sentence de déportation, qu’il juge clémente, pour dénoncer l’incohérence de la justice militaire dans un discours à l’assemblée. Face à la campagne de révision, Jaurès reste donc au départ en retrait. Mais, en 1898, Jean Jaurès est convaincu de l’innocence de Dreyfus par le J’accuse de Zola et par ses conversations avec la jeune promotion normalienne (en particulier Lucien Herr) et avec des militants allemanistes (socialistes révolutionnaires) qu’il estime. Jean Jaurès s’engage alors avec passion dans la défense de Dreyfus. Pour lui, l’affaire est non seulement un problème de justice individuelle, mais surtout de respect de l’humanité elle-même. En effet, elle pose le problème du mensonge et de l’arbitraire des grandes institutions, notamment de l’armée qui entend avoir une "justice" séparée. En outre, elle est utilisée par les droites catholique et nationaliste pour renverser la République. Il s’oppose alors à certains autres socialistes, dont Jules Guesde pour qui Dreyfus est un officier bourgeois dont la défense ne serait pas prioritaire (le souvenir de la répression sanglante de la Commune de Paris, et d’autres révoltes ouvrières, est pour beaucoup dans la défiance de militants ouvriers envers la cause d’un officier). Mais pour Jaurès, l’accablement de malheurs et d’injustices dont Dreyfus est victime font de lui un homme qui souffre des persécutions de la caste militaire, qui est le « gardien armé du Capital », et donc l’ennemi du prolétariat. Avec l’affaire Dreyfus, Jaurès devient un homme politique à l’influence nationale. Battu aux élections de 1898 (l’installation de la Verrerie ouvrière à Albi et son ardente défense de Dreyfus ont provoqué sa défaite), Jaurès se consacre au journalisme et devient co-directeur de La petite république un journal socialiste républicain. C’est dans les colonnes de ce journal qu’il publie Les preuves relatives à l’affaire Dreyfus. Par ses articles, il soutient le gouvernement Waldeck Rousseau de Défense républicaine, qui associe à son action, pour la première fois dans l’histoire de la République, un socialiste, Alexandre Millerand, nommé au commerce et à l’industrie. Parallèlement, il dirige une Histoire socialiste de la France contemporaine (Éditions Rouff) pour laquelle il rédige les volumes consacrés à la Révolution française (1901-1903). En 1902, Jean Jaurès participe à la fondation du Parti socialiste français. La même année, il parvient à reconquérir le siège de député de Carmaux qu’il conservera d’ailleurs jusqu’à sa mort (réélu en 1906, 1910 et 1914). Son talent d’orateur lui permet de devenir le porte-parole du petit groupe socialiste de l’Assemblée nationale. Jaurès et son Parti socialiste français s’engagent nettement en faveur du Bloc des gauches et du gouvernement Combes (1902-1905). Jaurès participe à la rédaction de la loi de séparation des Églises et de l’État (décembre 1905). Cependant, Jaurès et les autres socialistes sont déçus par la lenteur des réformes sociales. Le dynamisme du Bloc des gauches s’épuise. Jaurès, vice-président de la chambre en 1902, n’est pas réélu à cette fonction en 1904. Le rapprochement politique avec un gouvernement "bourgeois" allant jusqu’à la participation gouvernementale est, de plus, condamné par l’Internationale Socialiste. En 1904, Jaurès fonde le quotidien L’Humanité qu’il dirige jusqu’à sa mort. Jaurès sous-titre son journal "quotidien socialiste" et l’utilise pour accélérer l’unité socialiste. Celle-ci est réalisée sous pression de la Deuxième Internationale au Congrès du Globe (avril 1905) avec la création de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO), unifiant les différentes sensibilités socialistes de France. Jaurès partage la direction de la SFIO avec le marxiste Jules Guesde. La SFIO fait sienne le constat de la lutte des classes, et s’affirme clairement internationaliste. Pour l’unité, Jaurès a accepté l’abandon du soutien au gouvernement. Mais, il a obtenu des guesdistes l’insertion de la SFIO dans la démocratie représentative. Dirigeant politique important, il engage le dialogue avec les syndicalistes révolutionnaires de la CGT. En 1914, la SFIO rassemble 17% des voix et obtient 101 sièges de députés.urès lutte contre la venue de la guerre les dix dernières années de sa vie. Il est très préoccupé et inquiet face à la montée des nationalismes et par les rivalités entre les grandes puissances (surtout pendant les guerres balkaniques en 1912-1913). En 1910, il rédige une proposition de loi consacrée à l’armée nouvelle dans laquelle il préconise une organisation de la Défense nationale fondée sur la préparation militaire de l’ensemble de la Nation. Il mène une vigoureuse campagne contre la Loi des trois ans de service militaire, défendue ardemment par le député Émile Driant. La loi est votée en 1913 malgré le rassemblement du Pré-Saint-Gervais le 25 mai 1913 où Jaurès fait un discours devant 150 000 personnes. L’année 1914 semble relancer les espoirs de paix : la guerre dans les Balkans est finie, les élections en France sont un succès pour les socialistes. Mais l’attentat de Sarajevo le 28 juin 1914 et l’ultimatum autrichien à la Serbie du 23 juillet 1914 relancent les tensions entre les grandes puissances. Jaurès tente d’infléchir dans un sens favorable à la paix la politique gouvernementale. Il rappelle le mot d’ordre de grève générale décidé par l’Internationale ouvrière en cas de déclenchement de la guerre. Le pacifisme de Jaurès le fait haïr des nationalistes. Le 31 juillet 1914, sortant de son travail à L’Humanité, Jaurès se rend au Café du Croissant où il est assassiné par Raoul Villain, un étudiant nationaliste. Cet assassinat facilite le ralliement de la gauche, y compris beaucoup de socialistes qui hésitaient, à l’« Union sacrée ». La grève générale n’est pas déclarée. Le 29 mars 1919, le meurtrier de Jaurès sera acquitté dans un contexte de fort nationalisme.
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