Né à Poitiers en 1872, Camille Guérin est issu d’un milieu modeste. Son père meurt de la tuberculose en 1882. Il étudie la médecine vétérinaire de 1892 à 1896, à l’École nationale vétérinaire d’Alfort, tout en servant d’assistant au pathologiste Edmond Nocard (1850-1903).
Diplômé en 1896, il rejoint l’Institut Pasteur de Lille en 1897 et commence à travailler avec Albert Calmette. D’abord préparateur, il est chargé de préparer le sérum anti-venin contre les morsures de serpent et le vaccin contre la variole. Il améliore grandement les techniques de production de ce dernier en utilisant des lapins porteurs et met au point une méthode pour évaluer la virulence latente du vaccin.
En 1900, il devient chef de laboratoire. De 1905 à 1915, puis de 1918 à 1928, il se consacre à la recherche et à la mise au point d’un vaccin contre la tuberculose, en étroite collaboration avec Calmette.
Il découvre d’abord, en 1905, que le bacille de la tuberculose bovine, le Mycobacterium bovis, peut immuniser les animaux sans déclencher la maladie. Par la suite, il s’emploie avec Calmette à développer des stratégies de réduction de la virulence du Mycobacterium par des cultures successives. En 1908, après avoir obtenu une préparation immunologique active, ils publient les résultats de leurs travaux sur ce qu’ils nomment le BCG. En 1915, leurs travaux sont interrompus par l’occupation de Lille par l’armée allemande. Ils ne reprennent qu’en 1918, après la libération. Finalement, en 1921, après 230 passages de culture du BCG, ils obtiennent un vaccin utilisable pour les humains. En 1924, les pouvoirs publics autorisent l’extension de l’usage du BCG sur les nouveau-nés.
En 1919, Guérin est devenu chef de services à l’Institut Pasteur de Lille. En 1928, il part à Paris pour prendre la direction du service de la tuberculose à l’Institut Pasteur de Paris. En 1939, il devient vice-président du Comité national de défense contre la tuberculose. En 1948, il est Président du premier congrès international du BCG. En 1951, il devient Président de l’Académie de médecine. En 1955, il reçoit le Grand Prix de la recherche scientifique de l’Académie des Sciences.
Il meurt en 1961, à l’âge de 89 ans, à l’hôpital Pasteur de Paris.
![]()