La première phase de construction vit l’édification du quartier portant le nom du fondateur. C’est, de loin, le plus importants des trois ensembles, composés de 268 maisons. Situé à proximité de l’usine, sur des terrains appartenant dès l’origine aux établissements Thiriez, sa construction s’échelonnera de 1868 à 1913. Les plans du quartier et des logements furent esquissés par Emile Vandenbergh, auteur de plusieurs hôtels particuliers appartenant à la famille Thiriez, sur la demande de celle-ci, probablement par soucis de cohésion dans l’élaboration du quartier.
Celui-ci est découpé en plusieurs parcelles composées d’habitations en front de rue et du jardins en cœur d’îlots. Dans les premières habitations, la profondeur des terrains est identique (15 à 16 mètres), mais la largeur varie entre 4,40 et 5,50 mètres en fonction de la situation socio-professionnelle du locataire. La composition des logements est basée sur un même principe : le rez-de-chaussée est réservé aux espaces de vie (pour les ouvriers, une pièce unique avec cuisine séparée ; pour les employés, un couloir desservant la salle à manger, le salon, la cuisine et une laverie), l’étage offre des chambres séparées, de même que les combles, à l’exception des premiers logements ne proposant qu’un grenier. A l’arrière, les maisons s’ouvrent sur un petit jardin privatif.
Pour les logements construits au début du XXème siècle, la profondeur du terrain est portée à 35 mètres, les habitations mesurent 10 mètres de profondeurs pour 4,60 de large et intègrent une véranda faisant office de cuisine (avec pompe et foyer auxiliaire). Les logements sont disposés par groupes de cinq, dix ou quinze autour d’un square.
C’est le square Billon qui est donc situé en plein centre de cet important lotissement. Pendant le Second Empire (1852-1870), Edouard Billon, né à Wavrin en 1817, docteur en médecine depuis 1838, était venu en 1842 s’installer à Loos, près de la place Thiers. Elu conseiller municipal en 1852, la direction des affaires communales lui fut confiée en 1856. Il demeura à la tête de l’administration municipale jusqu’aux élections de 1892. Il fut donc maire de Loos pendant 36 ans. Sa discrétion, son désintéressement et le sens aigu de l’économie des derniers publics lui avaient valu, pendant cette longue période, la considération de ses concitoyens. Son nom fût donné à cette place qui présente un autre motif d’intérêt. En effet, en son milieu, a été érigé, par souscription publique, le buste Léon Thiriez-Vandamne (1880-1929), industriel à Loos, qui fut maire de la cité de mai 1925 au 19 février 1929, date de son décès.
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