Auparavant, la rue Arago se dénommait avenue Godron. Aux XVIIIème et XIXème siècles, elle figurait au plan de Loos sous celui de rue des Prêtres et menait au château d’Eugénie Smet, fondatrice de l’ordre des « Dames Auxiliatrices des Ames du Purgatoire » à celui de Madame Kuhlmann, ainsi qu’à la ferme Héquenne.
C’est dans ce même secteur qu’en 1959, la Société Anonyme d’Habitations à Loyer Modéré de Lille et Environs (aujourd’hui la SLE) réalisa la construction d’un lotissement de 248 logements collectifs en location rues Berthelot, Gay Lussac, place de la Fontaine, rue Arago. Le contrat de vente fut établi en 1958 entre les consorts Bigo, propriétaire de la parcelle de terrain d’une superficie de 29 101 m2, et ce promoteur. Place La Fontaine fut également implantée l’école maternelle La Fontaine dont la réception définitive des travaux au lieu en 1973.
La rue Arago se prolongeait dans les temps anciens par la ruelle du Saultoir qui, à travers les terres des seigneuries des Marets, de la Motte et de Lambescamps, allait déboucher presque à l’extrémité de la rue Marais (actuelle rue du Maréchal Joffre) pour aboutir un peu plus loin au chemin de Halage.
Le château de la famille Smet, aménagé par l’Association Martine Bernard en sept logements d’insertion, héberge à présent des familles en difficulté. Le Centre Eugénie Smet fut inauguré le 17 octobre 1997, journée mondiale du refus de la misère, par Madame Martine Aubry, Ministre de l’Emploi et de la Solidarité.
Près de ce centre sont de nos jours situés des jardins ouvriers appartenant à l’entreprise des Produits Chimiques de Loos.
Au n°106 est implanté le Centre Social Arago. C’est par une délibération du 11 mai 1977 que le Conseil Municipal décida l’acquisition de cette immeuble situé sur un terrain de 2 846 m2 appartenant aux religieuses Auxiliatrices. Le but était de doter ce quartier d’un Centre Communal d’Action Sanitaire et Sociale.

Arago est né le 26 février 1786, à Estagel (dans les Pyrénées-Orientales, alors le Roussillon), petite ville dont son père était le Maire.
Après des études secondaires à Perpignan, Arago entre en 1803 à l’École Polytechnique de Paris.
En 1805, il est nommé secrétaire du Bureau des longitudes.
Arago s’intéressait à l’astronomie depuis la visite à Estagel de Méchain. Ce dernier avait été chargé en 1792, avec Delambre, de mesurer la méridienne de France (à Méchain le sud, à Delambre le nord).
En 1806, alors qu’il est encore élève de l’École Polytechnique, Arago est détaché à l’Observatoire où Poisson lui confie, avec Biot, l’achèvement des travaux arrêté depuis la mort de Méchain. Il est chargé d’achever la prolongation de la "méridienne" de France jusqu’aux îles Baléares. L’opération géodésique est suivie d’aventures périlleuses. En 1807, alors qu’il se trouvait en mission en Espagne pour conclure l’opération géodésique des Baléares, Il est nommé astronome-adjoint.
Arago achevait sa triangulation à Majorque, en 1808, lorsque la guerre reprend entre la France et l’Espagne : il est pris pour un espion par la population, mais son accent catalan et un déguisement de paysan lui permettent de regagner son vaisseau, qui est espagnol et où il est d’abord interné. Il peut ensuite partir pour Alger, d’où il s’embarque vers Marseille ; mais il est capturé par des corsaires espagnols, ramené en Espagne et incarcéré. Libéré à la fin de 1808, il s’embarque à nouveau pour Marseille, mais le navire (tempêtes, guerre, puis voies d’eau.) se déroutera sur Bougie. Il gagne Alger déguisé en bédouin, et rembarque pour Marseille qu’il atteint enfin le 2 juillet 1809, après avoir échappé à une croisière anglaise. Il a réussi à préserver les résultats de ses triangulations sous sa chemise.
À son retour en France, en 1809, il est élu à l’Académie des Sciences à l’âge de 23 ans avec 47 voix sur 52, face à Poisson (4 voix).
Il en deviendra le Secrétaire perpétuel, puis le Président.
Il s’installe à l’Observatoire de Paris où il vit désormais et dont il devient vite la figure marquante.
Membre de la célèbre Société d’Arcueil, il succède à Monge en tant que professeur de géométrie descriptive à l’École Polytechnique (1809-1830).
Directeur de l’Observatoire de Paris de 1813 à 1846, il enseigne l’astronomie ; il est en même temps le principal collaborateur de L’Annuaire du Bureau des longitudes et le coéditeur, avec Gay-Lussac, des Annales de chimie et de physique (1816-1840).
Le 7 juin 1830, il est élu secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences en remplacement de Fourier, puis élu à la Chambre des députés sur les bancs de la gauche où il restera jusqu’en 1852 après un court passage ministériel en 1848. Il demande la création de 10 écoles d’Arts et Métiers.
À la mort de Bouvard en 1834, il devient directeur des observations de l’Académie des Sciences.
En 1835, il met à disposition des journalistes, tous les documents communiqués à l’Assemblée et publie des Comptes rendus hebdomadaires.
En 1838, son nom est absent du sommaire de l’Annuaire pour cause de maladie ; les abonnés crient au scandale. Arago est obligé de rédiger une notice de 400 pages consacrée au tonnerre, qui pour apaiser leur colère, sera gratuite.
Il imagine une expérience qui devraient permettre de trancher entre les théories ondulatoires et corpusculaires de la lumière et qu’il testera avec Louis Breguet sans succès.
En 1839, il fait acheter par le gouvernement, l’invention de Niepce et Daguerre.
En 1843, il devient directeur délégué du bureau des longitudes et pousse Le Verrier vers une piste mathématique permettant d’expliquer les perturbations de l’orbite d’Uranus, ce sera la découverte de Neptune en 1846.
Arago mourra à l’Observatoire de Paris, le 2 octobre 1853.
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