Elle tient son nom de l’ancien abbaye qui fut à l’origine de Loos.
C’est au milieu du XIIème siècle que Loos entre dans l’histoire à travers son abbaye. Cette petite communauté deviendra un centre religieux important du clergé régulier, mais aussi une impressionnante entreprise économique florissante. Le centre de ce petit royaume est le quartier abbatial où se tient l’abbé, chef supérieur, arbitre suprême. Depuis sa fondation jusqu’en 1789, 41 abbés se succédèrent à la tête du monastère. Même si nous ne pouvons pas les citer dans leur totalité, certains abbés furent remarquables. En voici quelques exemples.
Jehan (le bienheureux Jean), premier abbé de Loos, était l’un des seigneurs flamands qui, en voyageant, passèrent par Clairvaux et s’y firent religieux.
Dom Simon, troisième abbé, participera deux fois en 1204 à la prise de Constantinople avec Bauduin, comte de Flandre.
Guillaume de Carnin, sixième abbé, qui agrandit l’abbaye par de nouvelles propriétés et de nouveaux édifices.
Jean III de Fresnay construit le frontispice de l’église, ainsi que le pont de grés, avec double balustrade en fer sur la Deûle que le châtelain canalise.
Nicolas d’Auchy achève le cœur et les chapelles collatérales, avec du bois et de la pierre venant des carrières d’Ennequin.
Jean V Li Cuvilier, le quinzième abbé, eut aux premiers jours de sa prélature, en mars 1333, la première visite de l’abbé de Clairvaux dont il soit fait mention. IL déclare au procès-verbal que presque tous les bâtiments sont menacés de ruines et surtout la grande église.
En 1356, Gilles De Gamans, 17ème abbé, siégeant à une époque difficile fut, avec l’abbé de Saint Bertin, chargé de la collecte de rançon du roi Jean, vaincu à Poitiers. En 1361, il soutint un procès contre l’abbaye de Saint Saulve.
Jacques De Grissembien convient aux moines, que la Réforme effraie. Il entreprend néanmoins de grandes réparations de l’église et élève un petit clocher, en commence un plus grand.
Olivier Le Micquiel, 20ème abbé, achève le grand clocher, l’un des plus beaux de l’Ordre.
Jacques VI, 21ème abbé, fait mettre aux contreforts à droite les armes de France aux fleurs de lys, les armes de Flandre à gauche soutenues par des lions, ce qui démontre bien la souveraineté de la France.
Pierre Du Bois, 23ème abbé, gouverna l’abbaye de Loos durant 26 ans, avec un grand zèle, pour le rétablissement de la discipline régulière.
Michel Requilliastre, 24ème abbé, savant docteur en théologie, si fit une réputation de sagesse que le roi Charles VIII l’appela en France pour réformer l’Ordre tout entier. Il gouverna 22 ans la communauté.
Antoine Duquesne, 34ème abbé, releva la fortune de la communauté et la laissa plus nombreuse qu’elle n’avait jamais été. Il répara les fermes incendiées par la guerre.
Gaspard Taverne, 35ème abbé, fut connu à Lille sous la dominance du « Père Luisant » parce que, devant l’épidémie qui frappa cette ville en 1668 et 1669, il s’employa presque constamment à secourir les malades.
Albéric Boulit, 36ème abbé, consacra tous ses soins aux embellissements du sanctuaire.
L’un de plus connus est sans doute Ignace Delefosse, 37ème abbé, qui a rédigé une chronique de l’abbaye relatant les principaux événements. Elles se composent de 5 volumes de 500 pages manuscrites, conservés aux Archives Départementales du Nord.
Boniface Breton, 40ème abbé, acheva la nouvelle église commencée par Barnard Chevalier, son prédécesseur et réalisa de nouveaux quartiers abbatial, le majestueux portique tout en pierre de taille, portant les armes de l’abbaye. Il aurait pu devenir l’Arc de Triomphe de la ville de Loos, mais il est détruit le 16 octobre 1918 par l’armée allemande en retraite, qui fit sauter le pont.
Joseph-Antoine-Marie Bilau, 41ème et dernier abbé de Loos, naquit à Lille le 7 septembre 1734.
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